NOUVEAUX SUICIDES DE POSTIERS
Pauline, 21 ans, factrice en CDD à Monistrol sur Loire (43) a été retrouvée pendue par ses parents à son domicile à 08h30, le 15 février 2013.
Elle travaillait depuis septembre 2012, de manière intermittente, à la distribution du courrier. Affectée sur une tournée, la veille du drame il lui avait été signifié qu’elle devait officier sur une tournée où le courrier n’avait pas été distribué, pour cause de démission d’un salarié précaire, durant au moins deux jours. Pauline aurait craint d’échouer devant une telle charge de travail, compliquée par la neige, et ainsi de se faire renvoyer. Ayant passé plus d’une heure au bureau de poste, avant l’heure obligatoire de sa prise de poste, elle aurait craqué.
Invitée par un cadre à rentrer chez elle, Pauline a quitté son lieu de travail à 8 heures avant
de mettre fin à ses jours.
Nicolas, 51 ans, s’est suicidé à son domicile le 25 février 2013. Il était cadre en charge de la communication interne (Forum en autre). D’après le représentant de la CGT, ce drame est lié aux ses conditions de travail. «Cette personne croulait sous la charge de travail», a déclaré Bernard Dupin, secrétaire général du syndicat.
Ce matin, lundi 04 février 2013, à Bayonne, un facteur d’une quarantaine d’années a tenté de mettre fin à ses jours. Il s’est pendu sur son lieu de travail, des collègues l’ont secouru et il a pu être sauvé. Il aurait laissé une lettre expliquant son geste.
Ces drames ne sont pas l’expression d’une quelconque maladie comportementale, mais l’illustration cruelle et violente de l’échec d’un mode universel d’organisation et de pilotage des entreprises. C’est un mode de management brutal ou pervers axé uniquement dans une course à la rentabilité financière à court terme. Il faut cesser de considérer les suicides au travail comme des dégâts collatéraux ou un inévitable taux de perte sur l’autel de la mondialisation financière.
Dans cette entreprise de négation du sens du travail, le paiement de la qualification est suspendu désormais à la réalisation des résultats, au prix d’une pression psychologique et physique croissante. Ignorant l’expression éthique professionnelle, ce « nouveau » management contrôle et sanctionne les manifestations publiques des désaccords et, bâti sur la performance et la concurrence individuelle avec des formes insidieuses de harcèlement, use et abuse de la culpabilisation, casse les collectifs du travail et les coopérations professionnelles.
La Poste ne peut se contenter de déplorer « des drames personnels et individuels ». C’est trop facile de se dédouaner ainsi de ses responsabilités. Le soufflet du « Le Grand Dialogue » est bien vite retombé. Personne n’y avait vraiment cru. Qu’on se le dise : C’était de la Com, c’était « bidon » !
SECTION PETITE DOTC